Imaginez un petit village pittoresque, Aubeterre-sur-Dronne, connu pour son Ă©glise souterraine et son calme olympien. Câest ici, entre les vieilles pierres et l’odeur du cafĂ© frais, que se prĂ©pare une petite rĂ©volution des mentalitĂ©s. Loin des ambiances pesantes des salons funĂ©raires, le CafĂ© mortel s’installe pour proposer un concept qui peut surprendre : s’asseoir autour d’une table pour discuter de la faucheuse, tout simplement. Ce n’est pas une rĂ©union de crise, encore moins une sĂ©ance de spiritisme, mais un vĂ©ritable lancement citoyen pour rompre le silence qui entoure la fin de vie en France. Dans notre sociĂ©tĂ© de 2026, oĂč l’on veut tout contrĂŽler, la mort reste le dernier grand mystĂšre qu’on prĂ©fĂšre cacher sous le tapis. Pourtant, Ă Aubeterre, on a dĂ©cidĂ© que pour ĂȘtre vraiment vivant, il fallait arrĂȘter de faire l’autruche. Le dialogue qui s’y crĂ©e n’est pas lĂ pour nous dĂ©primer, mais pour nous allĂ©ger. C’est un espace oĂč les mots remplacent les non-dits, oĂč chaque tĂ©moignage devient une petite lumiĂšre pour les autres. Porter ce projet Ă bout de bras, c’est offrir un soutien prĂ©cieux Ă ceux qui traversent un deuil ou qui, tout simplement, se posent des questions existentielles sans oser les formuler lors du repas dominical. On y vient comme on est, avec ses peurs ou sa curiositĂ©, pour transformer un sujet tabou en une discussion naturelle et apaisĂ©e.
- Origine du concept : Créé par le sociologue suisse Bernard Crettaz pour sortir la mort du « ghetto » du silence.
- Le lieu : Un cadre convivial comme une librairie ou un café à Aubeterre pour désacraliser le sujet.
- Les intervenants : David Mimoun et Louise Owall, fondateurs de l’association Memento Mori.
- L’objectif : Parler de la mort pour se sentir plus vivant et mieux apprĂ©hender les deuils de la vie.
- Le public : Ouvert à tous, des enfants aux seniors, sans jugement ni convictions religieuses imposées.
- Le format : Ăchanges libres, Ă©coute active et absence totale de thĂ©rapie formelle ou de dĂ©bat d’idĂ©es.
L’hĂ©ritage de Bernard Crettaz et l’Ă©mergence des CafĂ©s mortels en 2026
Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui Ă Aubeterre, il faut remonter un peu le temps, du cĂŽtĂ© de la Suisse. C’est lĂ -bas qu’un sociologue et ethnologue un peu visionnaire, Bernard Crettaz, a eu l’idĂ©e gĂ©niale (et un peu folle Ă l’Ă©poque) de rĂ©unir des inconnus dans des bistrots pour parler de la mort. On est en 2004, et le succĂšs est immĂ©diat. Pourquoi ? Parce que l’ĂȘtre humain a un besoin viscĂ©ral de mettre des mots sur ses angoisses. Crettaz disait souvent qu’en parler ne nous tue pas, bien au contraire. En 2026, cette philosophie n’a jamais Ă©tĂ© aussi actuelle. On vit dans un monde hyperconnectĂ©, mais on n’a jamais Ă©tĂ© aussi isolĂ©s face Ă la perte. Les rituels s’effacent, les familles s’Ă©parpillent, et quand le deuil frappe, on se retrouve souvent seul avec son cafĂ© noir et ses larmes.
Le CafĂ© mortel vient combler ce vide immense. Ce n’est pas un hasard si des structures comme la coopĂ©rative funĂ©raire de Lille ou d’autres initiatives locales ont fleuri partout dans l’Hexagone. Ces lieux rĂ©pondent Ă une urgence sociale : celle de rĂ©intĂ©grer la mort dans le cycle de la vie, au mĂȘme titre que la naissance ou le mariage. En 2026, la tendance est Ă la « Death Positivity », un mouvement qui ne cherche pas Ă glorifier la fin, mais Ă l’accepter pour mieux savourer le prĂ©sent. Ă Aubeterre, on suit cette lignĂ©e. Le but est d’extirper la mort du silence pesant dans lequel on l’a enfermĂ©e depuis trop longtemps. Dans ces rĂ©unions, on ne cherche pas Ă faire de la grande philosophie. On parle de ce qu’on ressent quand on perd un proche, de l’inquiĂ©tude que nous inspire notre propre fin, ou mĂȘme de la tristesse liĂ©e Ă la perte d’un animal de compagnie.
Le cadre est primordial. On oublie les lumiĂšres tamisĂ©es et les visages de circonstance des pompes funĂšbres. Ici, on est dans le vivant. On boit un verre, on mange une part de gĂąteau, et on discute. Cette approche informelle permet de briser la glace bien plus vite que n’importe quelle sĂ©ance de psychologie clinique. En fait, c’est le retour de la palabre, de la discussion de comptoir mais avec une profondeur qui fait du bien Ă l’Ăąme. Les participants dĂ©couvrent souvent avec soulagement qu’ils ne sont pas les seuls Ă avoir des pensĂ©es « bizarres » ou des peurs irrationnelles. C’est cette mise en commun des expĂ©riences qui crĂ©e une force collective incroyable. On se rend compte que la mort, si elle est individuelle dans son vĂ©cu final, est une expĂ©rience universelle qui nous lie tous les uns aux autres.
Le succĂšs de ces rencontres tient aussi Ă leur simplicitĂ©. Il n’y a pas d’ordre du jour, pas de confĂ©rence magistrale. On laisse la parole circuler librement. Parfois, un silence s’installe, et c’est trĂšs bien aussi. Ce silence-lĂ n’est pas gĂȘnant, il est respectueux. En sortant la mort du ghetto du silence, on se donne les moyens de vivre plus sereinement. C’est un peu comme si on ouvrait les fenĂȘtres d’une maison restĂ©e trop longtemps fermĂ©e. L’air circule enfin, et mĂȘme si le sujet est sĂ©rieux, on en ressort souvent avec un sourire et une envie de croquer la vie Ă pleines dents. C’est tout le paradoxe du CafĂ© mortel : c’est un hymne Ă l’existence, un rappel constant que notre temps est comptĂ© et que chaque minute de dialogue partagĂ© est une victoire sur l’oubli et l’indiffĂ©rence.

David Mimoun et Louise Owall : un duo engagé pour rompre le silence
DerriĂšre l’initiative d’Aubeterre, il y a deux visages, deux parcours de vie qui se sont percutĂ©s pour donner naissance Ă quelque chose de plus grand. David Mimoun n’a pas toujours Ă©tĂ© « l’homme qui parle de la mort ». Pendant des annĂ©es, il Ă©tait producteur de spiritueux bio. Autant dire qu’il vendait de la joie et de la fĂȘte en bouteille. Mais la vie a ses propres plans, parfois brutaux. Tout a basculĂ© quand sa compagne, Louise, a dĂ» ĂȘtre opĂ©rĂ©e en urgence. Atteinte d’un cancer du cerveau et d’une sclĂ©rose en plaques, Louise a fait face Ă la fragilitĂ© de l’existence de plein fouet. C’est dans ces couloirs d’hĂŽpitaux, entre deux diagnostics difficiles, que David a pris conscience du mur de silence qui entoure la fin de vie. On ne sait pas quoi dire, on ne sait pas comment se comporter, et surtout, on Ă©vite le sujet Ă tout prix.
David explique avec beaucoup de douceur que si on ne peut pas changer le fait que quelqu’un meurt, on a tout pouvoir sur la maniĂšre dont on regarde cet Ă©vĂ©nement. Pour lui, le passage des spiritueux Ă l’accompagnement des vivants n’est pas une rupture, mais une suite logique. Il s’agit toujours de lien humain. Louise, avec son accent britannique qui ajoute une touche de chaleur aux discussions, partage cette vision. Elle affirme que regarder sa maladie diffĂ©remment lui a donnĂ© une force incroyable. Pour elle, parler de la maladie et de la mort, ça rend plus vivant. C’est un moteur, une envie d’aider les autres Ă ne pas rester pĂ©trifiĂ©s par la peur. Ensemble, ils forment un binĂŽme complĂ©mentaire : lui avec son pragmatisme et sa formation en soins palliatifs, elle avec son expĂ©rience vĂ©cue et sa rĂ©silience communicative.
Leur mission avec le CafĂ© mortel d’Aubeterre est claire : crĂ©er une bulle de sĂ©curitĂ©. Dans notre quotidien de 2026, on est sans cesse sollicitĂ©s, jugĂ©s, Ă©valuĂ©s. Ici, on pose les masques. David et Louise ne se posent pas en experts ou en gourous. Ils sont lĂ pour faciliter, pour s’assurer que chacun trouve sa place, que la parole ne soit pas monopolisĂ©e par un seul et que personne ne se sente obligĂ© de parler s’il prĂ©fĂšre juste Ă©couter. C’est cette humilitĂ© qui rend leur dĂ©marche si percutante. Ils ont compris que la mort est un sujet qui appartient Ă tout le monde, et pas seulement aux professionnels du secteur funĂ©raire ou mĂ©dical. En installant leur atelier dans la librairie locale, ils ramĂšnent la mort au milieu de la citĂ©, au cĆur de la culture et de la vie quotidienne.
Ce changement de vie radical pour David Mimoun montre aussi une Ă©volution de la sociĂ©tĂ©. On voit de plus en plus de personnes en milieu de carriĂšre chercher un sens plus profond Ă leurs activitĂ©s. S’occuper des autres, accompagner les deuils, c’est une forme d’engagement social qui devient cruciale dans une Ă©poque oĂč les structures traditionnelles s’effritent. Le couple ne se contente pas d’organiser des cafĂ©s ; David se professionnalise via l’association Memento Mori. Il intervient dĂ©jĂ dans des Ehpad et en soins palliatifs, apportant cette Ă©coute humaine qui manque parfois cruellement dans les protocoles mĂ©dicaux. Leur implication Ă Aubeterre est le prolongement naturel de ce dĂ©vouement : offrir un espace de soutien oĂč l’on peut dire « j’ai peur » ou « ça me fait mal » sans que personne ne cherche Ă vous consoler avec des phrases toutes faites.
Le fonctionnement concret d’un CafĂ© mortel : un espace sans jugement
Entrer dans un CafĂ© mortel, c’est un peu comme entrer dans une parenthĂšse hors du temps. Contrairement Ă ce qu’on pourrait imaginer, il n’y a pas de dĂ©corum lugubre. Les rĂšgles du jeu sont simples mais strictes pour garantir que l’expĂ©rience soit bĂ©nĂ©fique pour tout le monde. La premiĂšre rĂšgle, c’est l’absence totale de jugement. On ne vient pas pour dĂ©battre du suicide assistĂ© ou de la rĂ©incarnation. On n’est pas lĂ pour imposer ses convictions spirituelles ou religieuses. C’est un lieu d’Ă©change humain pur. Si une personne raconte qu’elle parle Ă sa grand-mĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e tous les matins en buvant son cafĂ©, personne ne va rire ou tenter de la ramener Ă une rĂ©alitĂ© scientifique. On Ă©coute, on accueille, on respecte.
Une sĂ©ance typique dure environ deux heures. On commence par un petit rappel du cadre par les facilitateurs, ici David et Louise. Ensuite, la parole est lancĂ©e. Il n’y a pas d’ordre de passage. Quelqu’un commence par raconter une anecdote, un souvenir, ou exprime une crainte actuelle. Ce qui est fascinant, c’est la diversitĂ© des sujets abordĂ©s. On ne parle pas seulement de la « grande » mort. On parle aussi des petits deuils de la vie : une rupture amoureuse qui fait l’effet d’une petite mort, l’expatriation qui nous arrache Ă nos racines, ou mĂȘme le deuil pĂ©rinatal dont on parle si peu. Le CafĂ© mortel permet de valider ces souffrances qui sont souvent minimisĂ©es par l’entourage sous prĂ©texte que « la vie continue ».
| Caractéristique | Café Mortel | Groupe de Parole Thérapeutique |
|---|---|---|
| Objectif | Sortir la mort du silence, lien social | Soigner un traumatisme, suivi clinique |
| Animateur | Facilitateur (citoyen ou pro formé) | Psychologue ou thérapeute diplÎmé |
| Cadre | Lieu public convivial (café, librairie) | Cabinet médical ou centre de soins |
| Durée | Ponctuel (environ 2h) | Séances réguliÚres sur le long terme |
| Approche | Ăchanges libres, pas de conseils | Interventions actives de l’expert |
Le fait qu’on n’y vienne pas pour une thĂ©rapie est un point crucial. Paradoxalement, c’est ce qui rend la dĂ©marche si « thĂ©rapeutique » pour beaucoup. Le simple fait de verbaliser un secret de famille ou un traumatisme Ă©motionnel devant des inconnus bienveillants peut libĂ©rer un poids Ă©norme. Comme l’explique David, rĂ©flĂ©chir Ă sa propre mort aide souvent Ă prendre les bonnes dĂ©cisions pour sa vie actuelle. C’est un miroir. En parlant de la fin, on se demande ce qu’on veut faire de notre « maintenant ». Est-ce que cet emploi me plaĂźt vraiment ? Est-ce que je dois me rĂ©concilier avec mon frĂšre ? La mort devient un conseiller de vie, un filtre qui permet d’Ă©liminer les Ă©lĂ©ments toxiques de notre quotidien pour ne garder que l’essentiel.
Pour ceux qui hĂ©sitent Ă franchir le pas, il faut savoir que l’Ă©coute silencieuse est tout aussi valorisĂ©e que la prise de parole. Beaucoup de gens viennent, s’assoient, Ă©coutent pendant deux heures sans dire un mot, et repartent le cĆur lĂ©ger. Ils ont puisĂ© dans les mots des autres ce dont ils avaient besoin. C’est une forme de prĂ©vention contre la dĂ©pression et l’isolement social. Dans une sociĂ©tĂ© qui valorise la performance et le bonheur permanent, avoir un endroit oĂč l’on a le droit d’ĂȘtre triste ou vulnĂ©rable sans ĂȘtre cataloguĂ© comme « malade » est une vĂ©ritable bouffĂ©e d’oxygĂšne. C’est lĂ toute la force du concept : transformer l’angoisse en expĂ©rience partagĂ©e.
Pourquoi briser le tabou de la mort nous rend plus vivants
Ăa peut sembler totalement contradictoire, mais plus on parle de la mort, plus on se sent vivant. Pourquoi ? Parce que le dĂ©ni consomme une Ă©nergie folle. Faire comme si la mort n’existait pas, c’est vivre avec une Ă©pĂ©e de DamoclĂšs dont on refuse de voir le fil. Quand on dĂ©cide enfin de regarder la rĂ©alitĂ© en face, une partie de la tension s’Ă©vapore. Ă Aubeterre, le lancement du CafĂ© mortel vise prĂ©cisĂ©ment Ă libĂ©rer cette Ă©nergie crĂ©atrice. Comme le souligne Louise Owall, avoir une maladie grave et la regarder diffĂ©remment change tout. On ne subit plus, on agit. On dĂ©cide de ce qui est important. On arrĂȘte de remettre Ă plus tard les choses qui comptent vraiment sous prĂ©texte qu’on a « tout le temps ».
En parler permet aussi de mieux se prĂ©parer, ce qui rĂ©duit considĂ©rablement le stress pour soi et pour ses proches. En 2026, on commence enfin Ă comprendre que l’organisation des funĂ©railles ou la rĂ©daction de directives anticipĂ©es ne sont pas des actes morbides, mais des actes d’amour. En discutant ouvertement de ses volontĂ©s au CafĂ© mortel, on lĂšve un poids Ă©norme des Ă©paules de nos enfants ou de nos conjoints. On Ă©vite les conflits familiaux inutiles au moment oĂč la douleur est dĂ©jĂ bien assez forte. C’est une forme de prĂ©vention des crises familiales. Mais au-delĂ de l’aspect pratique, c’est surtout la dimension Ă©motionnelle qui prime. Exprimer ses peurs devant d’autres humains, c’est se rendre compte que nous sommes tous dans le mĂȘme bateau.
Il y a aussi une dimension Ă©ducative primordiale. David et Louise souhaitent inclure tous les Ăąges, y compris les enfants. On a trop souvent tendance Ă exclure les plus jeunes de ces rĂ©flexions, pensant les protĂ©ger. En rĂ©alitĂ©, on les laisse seuls avec leur imagination qui est souvent bien plus terrifiante que la rĂ©alitĂ©. Apprendre dĂšs le plus jeune Ăąge que la mort est un processus naturel, au mĂȘme titre que la chute des feuilles en automne, permet de grandir avec une structure mentale plus solide. On ne voit plus la mort comme un Ă©chec de la mĂ©decine ou une injustice cruelle, mais comme une partie intĂ©grante du cycle du vivant. Cette vision change radicalement notre rapport au temps et Ă la nature.
Enfin, briser le tabou redonne du sens Ă la solidaritĂ©. Dans ces rĂ©unions, on voit des liens se crĂ©er entre des personnes qui ne se seraient jamais croisĂ©es autrement. Un jeune homme en deuil d’un ami peut trouver un Ă©cho inattendu dans le tĂ©moignage d’une grand-mĂšre ayant perdu son mari quarante ans plus tĂŽt. Ces ponts intergĂ©nĂ©rationnels sont rares dans notre sociĂ©tĂ© actuelle. Le CafĂ© mortel recrĂ©e du tissu social autour de l’essentiel. On redĂ©couvre que l’on peut ĂȘtre un soutien pour quelqu’un simplement par sa prĂ©sence et son Ă©coute. C’est une expĂ©rience d’humanitĂ© brute, sans filtre, qui nous rappelle que malgrĂ© nos diffĂ©rences, nous partageons tous la mĂȘme condition Ă©phĂ©mĂšre. Et c’est prĂ©cisĂ©ment cette finitude qui donne tout son prix Ă nos Ă©changes, Ă nos rires et Ă nos cafĂ©s bus ensemble.
L’association Memento Mori et les nouveaux horizons de l’accompagnement
Le projet d’Aubeterre n’est qu’une Ă©tape dans une aventure beaucoup plus vaste portĂ©e par David Mimoun : l’association « Memento Mori ». Ce nom, qui signifie « souviens-toi que tu vas mourir », n’est pas une menace, mais un mantra pour une vie plus consciente. Pour David, il ne s’agit pas juste de faire du bĂ©nĂ©volat le dimanche, mais de bĂątir un vĂ©ritable accompagnement professionnel. AprĂšs une formation intensive de neuf mois, il souhaite structurer son action pour toucher un public encore plus large. L’idĂ©e est de sortir du cadre unique du cafĂ© pour proposer des formats variĂ©s, adaptĂ©s aux besoins de chacun en 2026. Cela va de l’accompagnement individuel aux interventions en milieu scolaire ou en entreprise.
L’un des projets phares de l’association est l’organisation de retraites thĂ©matiques. En juillet 2026, une premiĂšre expĂ©rience est prĂ©vue dans le dĂ©partement du Gers. Loin de l’agitation urbaine, ces retraites s’articulent autour des sens. L’objectif est de prendre conscience de la rĂ©alitĂ© de la mort non pas comme une maladie ou un Ă©chec, mais comme un processus naturel. Ă travers des ateliers sur la respiration, la marche en pleine conscience ou encore l’expression artistique, les participants sont invitĂ©s Ă apprivoiser l’idĂ©e de leur propre fin. C’est une dĂ©marche holistique qui vise Ă apaiser les tensions profondes et Ă retrouver une certaine paix intĂ©rieure. David croit fermement que cette approche est nĂ©cessaire dans une sociĂ©tĂ© en quĂȘte de repĂšres et de vĂ©ritĂ©.
L’association se veut aussi un centre de ressources pour ceux qui cherchent Ă s’informer sans tabou. Que ce soit pour comprendre les dĂ©marches administratives, dĂ©couvrir des ouvrages comme ceux de Labor & Fides sur le sujet, ou trouver des contacts de professionnels bienveillants, « Memento Mori » sert de trait d’union. C’est un vĂ©ritable rĂ©seau de soutien qui se tisse, reliant les initiatives locales entre elles. David insĂšre son action dans une dynamique globale, conscient que le besoin de parler de la mort est universel. En professionnalisant son activitĂ©, il s’assure de la pĂ©rennitĂ© de son engagement et de la qualitĂ© de l’Ă©coute offerte aux participants.
Ce qui frappe chez Memento Mori, c’est cette volontĂ© de dĂ©dramatiser sans jamais banaliser. On respecte la gravitĂ© du sujet tout en y injectant une dose de lĂ©gĂšretĂ© nĂ©cessaire. La mort est sĂ©rieuse, certes, mais elle n’est pas obligĂ©e d’ĂȘtre triste tout le temps. En proposant des ateliers pour les enfants, David et Louise s’attaquent Ă la racine du tabou. Ils plantent des graines de sĂ©rĂ©nitĂ© pour les gĂ©nĂ©rations futures. En 2026, l’association devient un acteur incontournable de la vie locale Ă Aubeterre et au-delĂ , prouvant que mĂȘme les sujets les plus difficiles peuvent devenir des vecteurs de cohĂ©sion sociale et de bien-ĂȘtre personnel. C’est un pari sur l’intelligence collective et sur la force de la parole vraie.
Qu’est-ce qu’un CafĂ© mortel concrĂštement ?
C’est une rencontre conviviale, souvent dans un bistrot ou une librairie, oĂč des inconnus se rĂ©unissent pour discuter librement de la mort sous tous ses aspects, sans jugement ni objectifs thĂ©rapeutiques, simplement pour libĂ©rer la parole et rompre le silence.
Faut-il avoir vécu un deuil récent pour participer ?
Pas du tout ! Le CafĂ© mortel est ouvert Ă tous : que vous soyez curieux, que vous ayez des peurs existentielles, que vous souhaitiez anticiper votre fin ou que vous ayez perdu quelqu’un (proche ou animal). Certains viennent mĂȘme juste pour Ă©couter les autres.
Quelles sont les rĂšgles lors de ces discussions ?
Les principes fondamentaux sont le respect, la confidentialitĂ© et l’absence totale de jugement. Il n’y a pas de dĂ©bat d’idĂ©es, pas de prosĂ©lytisme religieux ou spirituel, et les facilitateurs veillent Ă ce que chacun puisse s’exprimer ou se taire en toute sĂ©curitĂ©.
Comment s’inscrire au prochain CafĂ© mortel Ă Aubeterre ?
Les inscriptions se font gĂ©nĂ©ralement auprĂšs de la librairie d’Aubeterre (contact@aubeterrelibrairie.com) ou directement via l’association Memento Mori de David Mimoun. L’entrĂ©e est souvent libre ou nĂ©cessite une simple consommation sur place.




0 commentaires